ChatGPT revendique un cinquième du volume de recherche de Google : ce que vaut vraiment le chiffre

Le chiffre a fait le tour des rédactions tech en quarante-huit heures : selon OpenAI, ChatGPT traiterait désormais un volume de requêtes de type recherche équivalent à environ un cinquième de celui de Google. Pour qui vit du référencement naturel, l’annonce mérite mieux qu’un titre accrocheur. Elle dit quelque chose de réel sur l’évolution des usages, mais elle repose sur une définition très particulière de ce qu’est une « recherche ».

D’où vient le chiffre #

La déclaration vient d’Adam Fry, responsable produit grand public de ChatGPT chez OpenAI. Il l’a faite lors d’un dîner organisé par l’entreprise à New York, dans un entretien avec Alex Kantrowitz, auteur de la newsletter et du podcast Big Technology, publié le 3 novembre 2026. Siècle Digital rapporte qu’il a situé le volume de ChatGPT à « un cinquième » de celui de Google.

Dans le même échange, il a avancé d’autres données. Gizmodo et Génération NT relèvent notamment 1,2 milliard d’utilisateurs actifs par semaine, contre un milliard auparavant, soit environ 200 millions de plus en deux mois. Génération NT cite aussi 250 millions d’utilisateurs hebdomadaires pour la fonction vocale.

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Une définition taillée sur mesure #

Tout tient dans la méthode de comptage. Pour OpenAI, une requête compte comme une recherche dès qu’elle déclenche une consultation du web par l’assistant. Une conversation peut donc générer plusieurs « recherches » si l’utilisateur relance plusieurs questions qui demandent des informations à jour, comme un cours de bourse, un résultat sportif ou l’actualité d’une personnalité. À l’inverse, une explication théorique ou une aide à la rédaction n’entre pas dans le calcul.

Génération NT estime que cette définition « gonfle mécaniquement les statistiques », puisque l’assistant consulte des sources externes de plus en plus souvent. Siècle Digital souligne de son côté que la comparaison est difficile à vérifier : OpenAI n’a donné ni la méthode, ni la période, ni le périmètre géographique retenus pour le volume de Google.

Un cinquième du volume, pas un cinquième du marché

Il faut aussi éviter le contresens. Dire que ChatGPT pèse 20 % du volume de Google ne signifie pas qu’il détient 20 % du marché mondial de la recherche. Les deux usages ne se recouvrent pas : une partie des requêtes passées à ChatGPT n’aurait jamais été tapée dans un moteur classique, et Google n’a pas publié de réaction à cette comparaison.

Ce que le référenceur peut en retenir #

Même en retirant l’effet de définition, la tendance est nette : une part croissante des internautes pose ses questions à un assistant conversationnel, qui va lui-même chercher des pages sur le web pour construire sa réponse. Pour un site, cela change la nature de la visibilité. Il ne s’agit plus seulement d’apparaître dans dix liens bleus, mais d’être une des sources que l’assistant consulte et, idéalement, qu’il cite.

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Trois chantiers en découlent, sans tout réinventer.

Rester accessible aux robots des assistants

Un assistant ne peut citer qu’une page qu’il peut lire. Vérifiez votre fichier robots.txt et vos règles de pare-feu : certains réglages de protection contre les robots bloquent aussi les agents de recherche des assistants, parfois sans que l’équipe éditoriale le sache. Le choix de les autoriser ou non relève d’une stratégie, mais il doit être conscient.

Écrire des réponses extractibles

Les assistants privilégient les passages qui répondent directement à une question, avec une donnée datée et sourcée. Un intertitre qui pose la question, un paragraphe court qui y répond, un chiffre accompagné de sa source : ce sont les mêmes bonnes pratiques qu’en SEO classique, appliquées avec plus de rigueur.

Suivre ce trafic à part

Les visites venues des assistants restent modestes pour la plupart des sites, mais elles se mesurent. Isolez les référents correspondants dans votre outil d’analyse d’audience pour savoir quelles pages sont citées et comment ce trafic convertit, plutôt que de raisonner sur des chiffres mondiaux.

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Google ne recule pas pour autant #

Le contexte compte. Siècle Digital rappelle que Google revendiquait en 2025 plus de 5 000 milliards de recherches par an, et que le moteur intègre lui-même de plus en plus de réponses générées par l’IA dans ses résultats. Les deux mondes convergent : Google ressemble davantage à un assistant, et ChatGPT à un moteur, publicité comprise : Génération NT note que ses réponses affichent désormais aussi des images de produits sponsorisés.

Pour un site éditorial, la conclusion n’a rien de spectaculaire. Le socle reste le même : des contenus utiles, à jour, bien structurés et techniquement accessibles. Ce qui change, c’est le nombre de portes d’entrée à surveiller, et la nécessité de lire les chiffres des plateformes avec la même exigence que celle qu’on applique à ses propres données.

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